De l’avance de Sirius

Sirius ou Alpha Canis Majoris, étoile principale de la constellation du Grand Chien, nous a donné le mot « canicule » (canicula, diminutif de canis).


Son lever héliaque (période pendant laquelle une étoile se lève « en même temps » que le Soleil) se situant vers la fin Juillet et ce jusqu’à la fin Août, donc au moment le plus chaud de l’année, c’est tout naturellement que l’on a donné le nom de canicule à une chaleur étouffante. 

Cette année pourtant, c’est bien en Juin que la canicule a débarqué, nous contraignant mon assistante et moi à nous cacher au fond du terrier. Impossible pour nous de trotter dans les petits chemins, mais je décidai de tenter la fraîcheur du petit Bois…hélas la canicule était arrivée avant moi…je ne trouvai alors que léthargie et engourdissement, dans un silence inhabituel et inquiétant…Seules les Fougères semblaient encore tenir le coup.


Même constat quelques jours plus tard…seule trace de Vie croisée sur le bord du chemin dont les herbes sèches craquaient sous le pied, Calopteryx virgo, un mâle fatigué…

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Calopteryx virgo

J’étais donc dans l’obligation d’attendre que la moiteur disparaisse, pour retrouver la Vie fourmillante à laquelle je suis dévouée, et par bonheur, une Pluie rafraîchissante et vivifiante vint nous délivrer de l’étouffement. Les Plantes furent les premières à manifester leur Joie. 

D’abord, la ravissante Épiaire des Bois, Stachys sylvatica, au port élancé et à l’odeur surprenante…d’abord désagréable, elle dégage ensuite un arôme de champignon. Celle que l’on nomme également Ortie à crapauds est l’une de mes favorites.

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Épiaire des bois

Le long des routes, il n’est pas rare de croiser une plante, certes commune mais plutôt jolie elle aussi, que l’on méprise trop souvent…la Brunelle commune, Prunella vulgaris, est pourtant encore très utile pour nombre de petits bobos ou gros maux. Hum. 

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Brunelle

Tout près de cette dernière, j’aperçois une petite merveille florale…je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer cette espèce jusque là, et à peine remise de ma surprise, je me rends compte que je suis encerclée par…l’Orobanche pourpre, Phelipanche purpurea. Je dénombre 16 pieds sans trop chercher, et m’éloigne avant d’attirer l’attention d’éventuels cueilleurs fous.
Les Orobanches sont des plantes parasites, et cette espèce vit aux dépens de l’Achillée millefeuille (entre autres). 

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Orobanche pourpre

Tout ceci me donnera envie de ressortir à la nuit tombée, et je fais bien. Certaines fleurs sont particulièrement belles aux heures tardives, et puis je reconnais que j’adore ces moments. J’en profite pour rentrer dans le boîtier la fabuleuse mais dangereuse Digitale pourpre, Digitalis purpurea, ainsi que la discrète fleur de ronce, finalement bien jolie. 

Plus haut, j’évoque rapidement l’Achillée millefeuille, Achillea millefolium, cette plante parasitée par l’Orobanche pourpre…qui fait également office de parc à Blattes. 
Blague à part, c’était la première fois que je trouvais une Blatte dans les fleurs, d’ordinaire je les cherche dans le Lierre…

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Ectobius pallidus

Je termine ma promenade avec la Créature à l’origine de ma passion pour les Araignées, puisqu’elle était de sortie ce soir là…Nuctenea umbratica est la première espèce croisée, qui m’aura donné l’envie d’étudier ces mal-aimées, et à ce titre, elle reste l’une de mes espèces préférées. 

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Nuctenea umbratica

 

6 commentaires sur « De l’avance de Sirius »

  1. Bonjour Loulou,
    En voyant le titre de ton article, j’ai tout de suite pensé que tu avais fait une séance photo dédiée aux nuages.
    Je n’étais pas loin puisque tu commence à parler d’étoile.
    Pas de n’importe laquelle mais de celle qui nous a fait manquer d’air ces derniers jours.
    De la tête dans la nuage à la tête dans les étoiles, il n y’ a finalement qu’une seule marche mais celle ci est infinie …
    Ha bien y réfléchir, pour le coup c’est moi qui suis dans la lune.
    Le nuage auquel je pensais c’est le Cirrus, qui n’a évidement et à priori pas grand chose à voir avec l’étoile Siruis;
    Si ce n’est que les deux sont suspendus dans le vide au dessus de nos têtes.
    Et en bon Celte que je suis, je terminerai par cette maxime chère à ce cher Albert non pas Einstein mais Albert Uderzo.
     » pouvu que Cirrus et Siruis ne nous tombent pas sur le crâne « 

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour 🙂 ça va là-haut sur la Lune ? La vue doit être belle, la tête dans les nuages !
      Il me plaît, ce commentaire flottant, un peu évaporé…
      L’étoile Sirius tombait bien pour ce sujet caniculaire, c’est le nom (en partie) de notre Atelier : Sirius Seeds. Impossible de passer à côté, et une petite dose d’étymologie ne fait jamais de mal !
      Je te remercie d’être passé, confrère Celte 🙂

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  2. Comme d’habitude, j’attend toujours le lendemain et mon café du matin pour déguster tes billets, un peu comme une friandise qui se ferait désirer, et comme d’habitude, j’ai un petit gout de trop peu dans la bouche. Vivement le suivant (et d’autres F(l)ougères ?) !
    Rq : « P.vulgaris et gros maux » 😀 !

    Aimé par 1 personne

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